L’école de Saint-Jean est le plus ancien établissement scolaire du quartier. Sa conception fait l’objet d’un concours d’architecture en 1911, remporté par les architectes genevois Alfred Olivet et Alexandre Camoletti. Les travaux débutent en 1913 et s’achèvent en 1915.
Implanté sur le plateau de Saint-Jean, le bâtiment domine les falaises et offre une vue remarquable sur le Rhône. L’édifice se développe sur quatre niveaux — rez-de-chaussée, deux étages et combles — et comprend 25 salles de classe.
Son architecture se distingue par un corps principal allongé, flanqué de deux ailes basses disposées perpendiculairement. L’ensemble est surmonté de hautes toitures, caractéristiques d’une expression régionaliste inspirée de l’architecture vernaculaire suisse.
Entre les années 1950 et 1970, plusieurs rénovations modifient profondément les espaces intérieurs, entraînant la disparition de la majorité des décors d’origine. Elle est réinauguré en 2012, suite à des importants travaux de rénovation qui permettent toutefois de redonner à l’école son apparence d’antan, Le clocher de l’école de Saint-Jean
La façade nord de l’école présente une composition monumentale marquée par la symétrie des ailes latérales et par un corps central en saillie, couronné par un clocher.
Le clocher est une structure octogonale en béton armé, coiffée d’un toit bulbeux. Il est surmonté d’un épi de faîtage reposant sur un pommeau décoratif. Une plateforme accessible sert de belvédère et permet d’admirer Genève et le Rhône. Une horloge est intégrée à la structure, visible sur les façades nord et sud.
Les plans initiaux du concours prévoyaient un clocher plus élevé et plus décoré, pendant la construction le projet fut simplifié et abaissé lors de la réalisation.
Signification et fonction du clocher
Le choix d’intégrer un clocher à une école publique n’est pas anodin. Les architectes s’inspirent de l’architecture religieuse genevoise afin de symboliser le renouveau des communes et l’importance accordée aux bâtiments publics au début du XXᵉ siècle.
Au-delà de son rôle symbolique, le clocher avait une vocation pédagogique. Il devait servir de lieu d’enseignement pour la géographie locale et l’astronomie. Une lunette astronomique fut offerte peu après l’inauguration de l’école par MM. Honegger et Schaer, renforçant cette dimension éducative.
Aujourd’hui encore, les élèves ont la possibilité de monter au clocher au moins une fois durant leur scolarité. Cette visite constitue un moment marquant, offrant une expérience unique et une vue exceptionnelle sur la ville de Genève. L’accès est cependant réservé à l’équipe de l’établissement et encadré.
Contexte urbain : le quartier de Saint-Jean
Le quartier de Saint-Jean tire son nom de l’ancien Prieuré de Saint-Jean de Genève, également appelé Saint-Jean-hors-les-Murs ou Saint-Jean-des-Grottes. Ce monastère bénédictin, fondé au XIIᵉ siècle, est détruit en 1535 lors de la Réforme.
L’arrivée des voies ferrées en 1857 marque un tournant majeur dans l’urbanisation du secteur. Jusqu’au début du XXᵉ siècle, Saint-Jean appartient à la commune du Petit-Saconnex, avant d’être intégré à la Ville de Genève en 1930. Dans les années 1990, la couverture des voies ferrées permet de relier Saint-Jean au quartier des Charmilles, formant un ensemble urbain cohérent.