
Communicante culturelle et calligraphe à Genève
Irène Le Corre (Genève) est actuellement étudiante au DAS Communication digitale de l’UNIGE (2025–2026). Sa motivation est double : acquérir des outils numériques pour renforcer le storytelling du Théâtre des Marionnettes de Genève, son employeur, et promouvoir sa propre activité indépendante de calligraphe.
Interview par Véréna Richardier
Pour quelle raison as-tu choisi le DAS Communication digitale ?
Lorsque je me suis inscrite au DAS, je travaillais depuis plus de quinze ans dans la communication culturelle, dont neuf au Théâtre des Marionnettes de Genève (TMG). J’y étais, jusqu’à novembre 2025, responsable de l’ensemble de la communication (“print” et digitale, relations presse et publiques).
Depuis la fin de l’année dernière, j’ai souhaité orienter mon rôle vers une approche plus éditoriale et narrative. En effet, le storytelling autour des spectacles, de l’institution et des arts de la marionnette offre un potentiel de communication énorme.
En 2022, j’avais lancé le magazine semestriel du TMG, MAGMA. Il contient des articles de fond, des reportages photo et des entretiens liés à notre programmation. Aujourd’hui, je souhaite prolonger ce travail dans le digital : développer des formats éditoriaux en ligne, investir davantage les réseaux sociaux et optimiser notre site web.
Le projet de la future Maison de la Marionnette, dans les locaux de l’Ancienne Comédie, renforce encore cet enjeu. Le storytelling digital sera central pour accompagner cette évolution et convaincre les partenaires institutionnels et financiers.

En parallèle de ton emploi et du DAS, tu poursuis une activité indépendante en tant que calligraphe. Comment as-tu trouvé la voie de la calligraphie ?
J’ai commencé la calligraphie début 2020. Je cherchais un espace personnel, une activité créative qui me permette de trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Très naturellement, je me suis tournée vers une passion d’enfance : la belle écriture.
La pandémie et mon congé maternité m’ont permis de suivre de nombreux cours en ligne auprès de calligraphes renommés via Zoom, notamment Yves Leterme, John Stevens, Yukimi Annand et Cecilia Boschi. À partir de 2022, j’ai également participé à des stages sur les techniques anciennes d’enluminure, avec Thierry Mesnig, Klaus-Peter Schäffel et Benoît Furet.
La calligraphie est devenue une véritable passion. C’est un travail créatif et manuel qui exige concentration et minutie. Il me permet de ralentir, de me ressourcer et de pratiquer une forme de méditation. Et d’apprendre en continu.

En 2025, j’ai reçu mes premières commandes, principalement par recommandation et via Instagram. Depuis, je propose des services de calligraphie sur mesure pour des marques, grands magasins, agences événementielles, ainsi que pour des institutions et des particuliers.
Quels sont les services de calligraphie que tu proposes ?
- Pour le secteur du luxe et de l’événementiel, je réalise principalement de la personnalisation d’objets et de messages lors d’événements clés : fêtes, dîners VIP, lancements de produits ou activations de marque. Je travaille soit en amont, dans mon studio, soit directement sur place lors d’animations de calligraphie « live ». Selon le projet, j’utilise la plume, la gravure, la dorure à chaud ou la peinture.
- Pour les institutions et particuliers, je crée des projets sur mesure : certificats d’honneur, documents commémoratifs, livres d’or, poèmes, vœux de mariage ou monogrammes. Je combine la calligraphie avec des techniques traditionnelles d’enluminure (dorure à la feuille, peinture aux pigments) pour créer des œuvres uniques et durables.
Communication digitale et calligraphie ne sont-ils pas antinomiques ?
Pas du tout. Je crois qu’il est essentiel de s’intéresser aux évolutions de notre époque, tout en faisant le tri. Il faut conserver ce qui nourrit notre humanité et laisser de côté ce qui l’appauvrit.
À l’ère du numérique, maintenir un lien avec notre histoire et les savoir-faire anciens me semble plus que jamais nécessaire. C’est dans la création et dans le dialogue entre l’esprit et le savoir-faire manuel que notre humanité s’exprime. Ainsi, dans un monde accéléré et en quête de sens, l’artisanat suscite un intérêt renouvelé.
Mais la communication digitale offre de formidables outils pour faire connaître et rendre accessible le travail artisanal et artistique. Je m’en sers aujourd’hui pour promouvoir ma propre activité et, je l’espère, inspirer d’autres personnes à développer leur pratique artistique « analogue » 🙂
Retrouvez Irène Le Corre, Genève sur LinkedIn et Instagram
Site web (en construction) : lesencresfolles.com
Interview réalisée dans le cadre du travail d’évaluation du module « Référencement et data marketing : SEO ». Professeur: Florian Bessonat, DAS Communication digitale et expertise web de l’UNIGE (2025–2026). Travaux de mes collègues du DAS : Chloé Alexandrou, Thomas Girardin, Noémie Lakatos, Katia Perrochet, Catalina Ruiz-Schaller, Tatjana Stevanovic, Magali Vionnet